Opinions idiotes

N'importe quoi sur tout et rien...

03 avril 2008

LE TOURBILLON DE LA MORT

Des drames vraiment affreux s'apprêtent à déferler sur l'Europe, causant des angoisses apocalyptiques dans les instances européennes et gouvernementales. Une spirale infernale pourrait se déclencher et ravager le continent tout entier, au risque de nous ramener, qui sait ? à l'âge de pierre. Le retour de l'inflation soucie les gens, ce qui tracasse fort la Banque Centrale Européenne et la Commission européenne. Nul n'ignore combien médiocre est la nature humaine, et cupide, toujours vautrée dans la facilité et la paresse tant physiques qu'intellectuelles. Pour qui est capable d'une vision globale des choses, une vision pleinement indépendante, soumise à aucun lobbying ou parti pris idéologique, libre de toute entrave, la réaction imbécile des masses abruties glace d'effroi.

A n'en pas douter la valetaille refusera de perdre son pouvoir d'achat énorme plutôt que de faire preuve de longanimité dans la crise. Ce serait si simple d'attendre, patiemment, que les, il est vrai difficiles, mesures idoines pour résoudre la crise fassent effet. Nenni, la populace furieuse, impropre à maîtriser ses pulsions comme ses émotions, irréductible à la raison, exigera que ses pertes de revenu provoquées par l'inflation soient compensées par des hausses de salaire. Or les gens sont trop payés, surtout les ouvriers et les employés et les fonctionnaires, comme le savent et le professent tous les experts indépendants, toutes les sommités patronales, gouvernementales, tous les présidents de banque centrale et tous les commissaires et le parlement européen et les parlements nationaux et les journaux de référence ; tout ce que l'Europe compte de cerveaux actifs, raisonnés et indépendants sait que les salaires coûtent trop cher aux entreprises, que ça mine la compétitivité.

Voyons comment l'Allemagne s'est redressée : en baissant la fiscalité acquittée par les soi-disant riches et en baissant les salaires ainsi qu'en licenciant massivement les ouvriers locaux pour en réembaucher d'autres, plus à l'est, où les gens sont mal payés. Admirable dévouement du capitalisme allemand qui aide les Européens de l'est à sortir la tête de l'eau en leur fournissant du travail, mal payé certes, même très mal payé. Mais chacun sait que c'est pour leur bien qu'il faut sous-payer les ouvriers et les employés, sinon ils auront la folie des grandeurs et entraîneront la chute de l'économie. Chute justement à craindre avec les tensions actuelles sur les salaires, à l'ouest comme à l'est. Difficile le ministère de l'homme de bien, car il doit agir contre la volonté des hommes méchants et vils afin de leur permettre de vivre le mieux qui soit.

La spirale inflationniste, quelle angoisse ! les effets de second tour, quelle terreur mortelle !


C'est pour leur bien qu'on sous-paye les travailleurs. Parce que les hausses de salaire entament la compétitivité de l'économie. Les prix des produits et prestations se trouvent augmentés, or la concurrence veille, la concurrence qui défend les bons consommateurs pour leur bien en faisant baisser les prix. Car il est essentiel que les prix baissent. Ce qui implique que, pour le bien des petites gens qui n'ont pas beaucoup de sous à cause que la compétitivité l'exige, on diminue les coûts de production, donc les salaires. C'est logique : si on ne baisse pas les salaires des travailleurs ouvriers on ne pourra pas baisser les prix à l'achat pour les travailleurs consommateurs. Etc.

Comme tout s'éclaire : la concurrence fait baisser les salaires ! Et comme les ouvriers et les employés et les fonctionnaires sont stupides il faut les contraindre pour leur bien à se soumettre à une concurrence toujours plus grande. Pour ce faire il existe un truc très pratique : l'ouverture des frontières. Génial le truc ! Quel homme de Néandertal aurait l'audace de pester là contre ? Les frontières c'est caca, ça vous fait comme une prison, c'est oppressant, ça vous fait comme une camisole comme si qu'on était dément, on étouffe, on meurt...Contre l'esprit nationaliste, le libre échange est la solution idéale. Le vrai truc génial avec le truc des frontières caca c'est qu'on n'a même pas besoin de faire soi-même le boulot : il y a plein de couillons "de gauche", mais de toutes les gauches de Delors aux Besancenot, qui font le boulot eux-mêmes et savonnent la planche à toute politique alternative. Faut dire qu'ils sont fortiches, les gens "de gauche", pour te faire des grands discours et comment qu'on est tous des frèreux et comment que les frontières caca elles sont toutes artificielles et que ça fait la guerre et que les petits enfants ils meurent de faim et que les petites madames elles se font violer et que ma tati elle a dit ci et que ma tata elle a dit ça.

Rien de tel que des bons gros couillons "de gauche" pour enjôler le vulgaire avec des grandes phrases et des beaux discours. C'est beau la générosité, surtout quand on fait l'impasse sur le fait que l'ouverture des frontières se fait dans le cadre de l'économie capitaliste, sous la houlette des investisseurs privés toujours à l'affût de profits croissants. C'est un système tout ça : la baisse des salaires, l'écrasement des revenus ne sont possibles que si les frontières demeurent grandes ouvertes, et l'ouverture des frontières ne tient que si on parvient à tirer à la baisse les revenus des ouvriers et des employés et des fonctionnaires. D'où l'angoisse des gens qui savent, des experts indépendants, des commissaires européens, des ministres, des gouverneurs de banque centrale, du président de la Banque Centrale Européenne, etc. car l'argument de la compétitivité à force d'être utilisé finit par devenir dangereux. A force de répéter aux esclaves qu'on ne peut pas les payer plus à cause de la concurrence internationale ils risquent de tourner casaque et de se dire que le libre échange n'a d'autre fin que d'accroître la puissance des classes dominantes et d'enrichir les riches. Que l'ouverture des frontières est une politique violemment réactionnaire, "bourgeoise" aurait-on dit à une époque pas si lointaine.


Voilà pourquoi il faut défendre des hausses massives de salaire et tordre le cou à la modération salariale (si j'étais vilain je dirais à ceux qui la professent, à commencer par les "socialistes"). Une vague de hausse vertigineuse des salaires ferait exploser le système, lequel est tellement profitable à certains, à ceux qui n'ont nul besoin de davantage de revenus si ce n'est pour préserver leur vie de privilège. Travailleurs de tous pays exigez à l'instar des sidérurgistes, des métallo et des foncionnaires allemands des hausses de 5% de salaires : ce sera plus efficace que les beaux discours des idiots utiles d'une certaine "gauche".

Posté par Northmannus à 16:11 - Economie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Sans vouloir être grossier, est-ce que c'est de l'auto-dérision ou est-ce que vous croyez vraiment au capitalisme souverain qui aliène les droits des employés et les réduits à un salaire misérabiliste?

Si c'est le cas, je suis "sur le cul" qu'on puisse critiquer le capitalisme et le capitalisme sans rien y comprendre. C'est totalement risible et c'est la meilleure voie que vous auriez pu trouver pour perdre toute crédibilité.

Commencez par Bastiat ou Salin pour vous intéresser au libéralisme au lieu de tenter de distiller vos bêtises à travers le web.

Posté par Skit, 04 avril 2008 à 01:44

Vous voulez dire que la pauvreté endémique que connaissent les sociétés américaines et européennes sont l'effet du sous-développement de l'économie capitaliste? Mais vous avez raison, je me plonge derechef dans les livres saints du capitalisme afin de savoir à quoi ressemble le monde et mon pays sous le règne du capitalisme, les livres il n'y a que ça de vrai, que ça!

Posté par Vincent Carel, 06 avril 2008 à 16:12

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